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11.05.17

Martin a 31 ans et d’aussi loin qu’il se souvienne, il a toujours été passionné d’aviation. Aujourd’hui mécanicien aéronautique au sein de l’ALAT (l’Aviation Légère de l’Armée de Terre) il nous raconte son parcours et ses missions du quotidien.

Bonjour Maréchal des logis, pouvez-vous nous raconter d’où vous venez et votre parcours avant d’entrer dans l’armée ?

Je suis né à Marseille mais je viens d’Aix en Provence. D’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours été passionné par l’armée. Quand j’étais petit, je pensais déjà m’engager soit dans l’armée, soit dans le GIGN (Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale). Par la suite j’ai poursuivi mes études : j’ai d’abord obtenu un bac STI avant de faire un BTS. Finalement j’ai laissé tomber avant la fin et je suis parti vivre en Angleterre pour apprendre l’anglais. J’y ai vécu en faisant plusieurs petits boulots. De retour en France, j’ai travaillé pour une entreprise de sous-traitance dans le domaine de la lutte contre les incendies. Pas mal de mes collègues de l’époque étaient d’anciens militaires. C’est eux qui m’ont poussé à m’engager dans l’armée de Terre.

Quel est votre parcours au sein de l’armée de Terre ?

J’ai fait directement les démarches pour rentrer à l’ENSOA (Ecole Nationale des Sous-Officiers d'Active) où j’ai été pris. Par la suite, je suis passé par la base aérienne de Rochefort pour une formation initiale sur la maintenance aéronautique. J’ai obtenu mon CT1 (certificat technique de 1er degré) après avoir passé 6 mois en régiment pour me former sur un appareil. Après cela, j’ai rejoint Bourges, où, pendant 4 mois j’ai suivi une qualification technique sur hélicoptères Puma.

Plus tard j’ai suivi une formation d’anglais à la fac de Tours, où j’ai passé le TOEIC (Test of English for International Communication) afin d’être capable de travailler sur le modèle Caïman qui ne propose des interfaces qu’en anglais. Grâce à mes aptitudes en langue, j’ai rejoint l’EALAT (Ecole de l'Aviation Légère de l'Armée de Terre) au Cannet des Maures afin de suivre une formation de 4 mois très intense sur le modèle Caïman.

Quelle formation avez-vous suivi et qu’est-ce que vous y avez appris ?

Durant notre formation nous apprenons les bases de la mécanique avionique. Nous apprenons tout ce qui se rapporte à la technique de chaque instrument, de chaque boite, à quoi servent-elles, comment sont-elles constituées. Nous apprenons également le fonctionnement des systèmes de communication, des systèmes de navigation ainsi que l’affichage. Au niveau pratique, on voit comment changer les pièces et diagnostiquer les pannes. Il s’agit d’une base de connaissances que nous nous devons d’étoffer au fur et à mesure de notre carrière et expériences.

Quelles sont vos missions en régiment et en Opex (opérations extérieures) ?

Nos missions en régiment sont centrées autour des entrainements afin d’être opérationnel en opération. On s’entraine beaucoup pour être capable de restituer les manœuvres sous le coup de la fatigue et du stress.

Pour ma part, j’ai été projeté deux fois en Opex au Mali pour 4 mois à chaque fois. La première fois, j’étais intégré à un atelier Puma où on s’occupait d’appareils, on les inspectait pour déceler le moindre problème. Ensuite on établissait des diagnostiques de panne afin de les réparer au plus vite si besoin. Nous partions également en vol avec le pilote afin d’effectuer des tests.

 

Un an plus tard, j’étais de retour au Mali mais cette fois « en piste sur Caïman ». Là c’est différent. Les appareils ont vocation à repartir très vite sur le théâtre. Il s’agit de machines très informatisées, nous devions donc vérifier les écrans pour voir s’il n’existait aucun incident avant le vol et après le vol. Nous devions nous montrer très efficaces et étions amenés à travailler à toute heure du jour et de la nuit. À ces postes-là, il n’y avait que des personnes expérimentées car nous n’avions pas le droit à l’erreur. On pouvait aussi embarquer à bord de l’appareil pour des missions, en compagnie du chef de bord, du pilote, du mécanicien navigant, qui sont dans le cockpit. À l’arrière nous étions avec le membre opérationnel de soute et un soldat en charge de la sécurité et de la protection de la machine.

Sur quel genre d’appareils intervenez-vous ?

En ce moment je travaille sur la nouvelle génération d’appareil dont le NH 90 fait partie. Il est doté de toute la nouvelle technologie. J’aurais pu décider de rester travailler sur le Puma mais je préfère me lancer des défis et le NH en est un. Il est plus gros, peut transporter plus de matériel : ses missions sont donc plus excitantes. C’est l’appareil du futur.

Peut-on dire que les avions et hélicoptères de l’ALAT sont des bijoux de technologie ?

Oui, nous avons la chance d’avoir à disposition des machines de dernières générations, et ce concernant tous les types d’appareils. Notre domaine de spécialité est vraiment à la pointe et en avance à ce sujet, par rapport aux autres régiments opérationnels.

Vous détenez entre vos mains la sécurité de la maintenance effectuée sur un appareil qui vol avec du personnel à bord, comment gérez-vous cette pression ?

Vous savez, si on applique toutes les règles de sécurité que l’on nous a apprises, il n’y a pas de risque que cela se passe mal. Bien sûr, nous connaissons les enjeux qui reposent sur nous mais il faut savoir gérer son stress. C’est quelque chose qui vient plus facilement avec le temps. Plus on fait de missions et plus on gère son stress !

Quelle perspective de carrière envisagez-vous ?

Il existe une multitude d’évolution de carrière possible. Je peux par exemple m’engager dans d’autres branches de l’ALAT pour devenir mécanicien contrôleur, mécanicien navigant, documentaliste ou chef d’atelier pour ne citer qu’eux. Mais j’ai déjà ma petite idée en tête…