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28.03.17

Lorsque les forces militaires françaises interviennent au-delà de nos frontières on parle d’Opex, abréviation d’OPérations EXtérieures.

 

Dans sa carrière, chaque militaire est appelé à faire du terrain, à « partir en Opex », qu’il soit combattant du génie, informaticien ou encore psychologue.

Les OPEX forgent l’histoire personnelle de chaque militaire. Parlez-en autour de vous à des engagés : chacun à son souvenir, son histoire, son anecdote, à propos de sa ou de ses Opex.

Actuellement la France est engagée dans les théâtres d’opérations suivants :

 

L’opération Barkhane est l’Opex qui mobilise les troupes les plus importantes.

Cette opérations vise à prendre la relève des opérations Serval (Mali) et Épervier (Tchad) dans le Sahel.

 

Face aux forces djihadistes présentes dans la région, les troupes françaises sous le commandement du général de division François-Xavier Le Pelletier de Woillemont agissent en partenariat avec

les États locaux : la Mauritanie, le Mali, Le Burkina Faso, le Niger et le Tchad. On parle alors de « G5 Sahel ».

 

Vous avez peut-être aussi entendu parler de l’opération Chammal. Située en Irak et en Syrie cette mission vise depuis septembre 2014 à appuyer le gouvernement irakien dans la lutte contre Daesh et Al-Qaïda. Une fois encore l’armée française n’agit pas seule mais en collaboration avec des forces internationales et locales : l’opération Chammal fait partie de l’opération des Nations Unies Inherent Resolve qui répond à la demande du gouvernement irakien.

 

L'interview du Brigadier-Chef de première classe Adrien

 

Voilà pour la théorie, mais dans la pratique ? Pour vous aider à mieux comprendre les réalités d’une Opex, voici le témoignage du Brigadier-Chef Adrien, dont la première Opex a eu lieu en 2002 au Kosovo :

 

« A l’époque j’avais à peine un an et demi de carrière dans l’armée. J’y étais en tant que pilote VBL, véhicule blindé léger, un véhicule de reconnaissance et de combat antichar. Notre boulot en véhicule blindé léger c’est d’aller faire du renseignement, ou de reconnaître une zone, et si nécessaire d’engager le combat. On est devant le gros de la troupe, on dit qu’on est « les yeux et les oreilles du régiment ».

J’étais vraiment content parce que c’était une des raisons de mon engagement, voir un pays qu’on ne verrait pas autrement… C’est là où on applique ce qu’on apprend pendant ses classes et sa spécialisation à l’armée.

Notre chef de section nous a dit « Voilà, dans quatre ou six mois notre peloton est projeté au Kosovo pour au minimum 4 mois ». Ma famille était contente parce qu’ils savaient que c’était ce que je voulais faire mais surtout soucieuse parce qu’ils savent qu’on ne part pas en vacances.

Avant de partir en Opex on a une préparation opérationnelle pour le pays et la mission qu’on va effectuer sur place. Dans les premières 24h, on arrive, l’avion se pose, on charge le matériel, on prend possession du bâtiment, et puis la mission démarre. On a même des papiers à remplir, on doit faire faire sa carte OTAN pour circuler dans les bases… Petit contrôle médical et puis la mission commence !

 

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On nous explique aussi comment se comporter avec les populations sur place, on appelle ça la « french touch » : on a un savoir-faire dans la prise de contact, on nous apprend les marques de respects, le contexte géopolitique, quelques mots du pays où on va…

En Opex on doit faire confiance à son pote de droite, son pote de gauche, et son chef. Et si ça va pas bien il faut le dire. Un soldat qui dit qu’il n’a jamais eu peur, il ment : c’est normal d’avoir peur, ça fait partie du métier. Il ne faut pas non plus tomber dans une routine, c’est là qu’on oublie d’être concentré ! On dit souvent « L’habitude tue » dans l’armée.

Le Kosovo avec le recul… En fait, se dire que par notre présence on arrive à aider ces gens à vivre ensemble c’est là qu’on se rend compte qu’on sert à quelque chose. ».