• 2016-10-13-site.jpg

13.10.16

Originaire de Guadeloupe, le brigadier chef 1ère classe Corinne est une femme de caractère. Après plus de 11 ans de service, elle nous raconte comment elle mène de front sa carrière et sa vie de maman.

 

Pouvez-vous nous expliquer votre parcours ?

Je suis arrivée en métropole en 2005 à Besançon comme engagé volontaire. J’ai ensuite été affectée à Rambouillet avant d’intégrer la base de Vincennes. Aujourd’hui je suis toujours à Vincennes où je travaille pour le groupement de soutien de la base d’Ile de France. J’ai choisi l’armée de Terre car j’aime l’action et pour sa capacité à nous faire découvrir divers horizons. J’ai deux filles de 5 et 9 ans et demi.

 

Diriez-vous qu’il est facile de concilier une vie de militaire avec une vie de mère de famille ?

Je ne dirais pas que c’est facile mais c’est faisable. J’ai la chance d’avoir un conjoint sur qui je peux compter et avec qui on s’organise pour se partager les tâches. Il était lui aussi militaire avant donc au niveau des horaires cela collait parfaitement. Aujourd’hui comme il fait les trois 8, je m’adapte à son rythme et en fonction de ses horaires on décide de qui s’occupera des filles.

 

« J’ai choisi l’armée de Terre car j’aime l’action et pour sa capacité à nous faire découvrir divers horizons »

 

Êtes-vous devenue mère de famille alors que vous étiez engagée ? Si oui, quel impact cela a eu sur votre travail au quotidien ?

Oui j’ai eu mes deux filles quand j’étais engagée. Sur l’aspect physique certainement, j’ai dû me calmer sur le sport les derniers mois de grossesse et après l’accouchement on met un petit temps avant de récupérer toutes ses capacités physiques. J’ai mis entre 6 mois et 1 an avant de reprendre les activités physiques et l’entrainement à l’armée. À part ça, j’ai continué de travailler comme avant jusqu’à mon congé parental.

 

Pouvez-vous nous décrire votre journée type ?

6H : Je me lève et prépare le petit déjeuner des filles. Je les réveille et les habille

7h10 : On part pour la garderie où je les dépose 20 minutes plus tard

7h55 : Arrivée au travail

8h00 : Je pars pour 1h30 de sport

9h30 : Retour au bureau, la journée de travail commence

17h15 : La journée se termine, je pars récupérer les filles à l’école

18h30 : Passage par la douche pour les enfants

19h30 : Je les fais manger et supervise leurs devoirs

20h30 : C’est l’heure de les mettre au lit

 

Quels sont les 3 mots clés pour réussir à gérer vie de militaire et vie de mère ?

Je dirais le mental, une bonne condition physique et du courage.

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à une future militaire mère de famille ?

Il faut se sentir prête à assumer toute seule ce rôle car comme on peut être amenée à déménager dans notre carrière, nous ne sommes pas assurées d’avoir des ami(e)s et la famille à côté. Il faut donc savoir s’organiser et assumer seule cette double responsabilité. Les enfants demandent d’être responsable, il faut bien réfléchir avant se lancer et être sûre de son choix.

 

« Je me rappelle que je lui avais envoyé un tee-shirt où j’avais fait écrire « Maman est partie pour la paix » »

 

À partir de quand avez-vous expliqué à vos enfants ce que vous faites ?

Ils l’ont compris très vite quand ils m’ont vu partir de la maison en treillis le matin. Ils savent que maman fait des tirs et qu’elle a un pistolet. Je suis déjà allée les chercher en tenue de travail à l’école ce qui fait réagir les autres enfants. Mes filles sont aussi venues plusieurs fois au travail, au moment des fêtes de fin d’année notamment. Après je reste assez évasive sur ce que je fais vraiment et à quoi pourrait servir mon arme.

 

Comment leur expliquez-vous votre absence quand vous partez en Opex ?

La seule fois où je suis partie en Opex c’était au Kosovo en 2007. Ma fille avait alors 9 mois. Avant de partir je lui ai expliqué pourquoi je partais mais je ne suis pas sûre qu’elle comprenait. Au début on est un peu inquiet mais une fois sur place on travaille donc on a plus le temps d’y penser. Puis je la voyais en vidéo via Skype tous les soirs, après ma journée. Je me rappelle que je lui avais envoyé un tee-shirt où j’avais fait écrire « Maman est partie pour la paix », elle l’a toujours dans ses affaires aujourd’hui.